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avr 23

CreativeRail sort enfin son ECML version contemporaine !

Salut ! Décidément, cette semaine aura marqué l’histoire de Train Simulator ! Après la sortie ce jeudi de la première ligne française de DTG (j’espère que quelqu’un écrira un test ici, en attendant, je vous renvoie sur le topic de discussion du forum), voici que cette nuit, à la surprise générale, CreativeRail vient de rendre disponible son « East Coast Modern Part 3« , attendue depuis des années !

Il s’agit de la version contemporaine de la section Peterborough-York, située sur l’ECML. On a donc à présent l’ensemble de cette grande artère ferroviaire du pays : Londres-Peterborough chez DTG, Peterborough-York chez CreativeRail, York-Newcastle par DPSimulations, et Newcastle-Edinburgh chez JustTrains. Vous pouvez même prolonger le plaisir vers l’Écosse jusqu’à Dundee avec la sECML disponible chez JT, et même poursuivre en direction des Highlands grâce à CaledonianRailworks.

On a maintenant l’ECML en entier : 632 km de voies sur quatre itinéraires différents pour TS !

L’éditeur avait déjà sorti la version années 80 de la ligne, mais sur cette version, qui comprend également le triangle de Selby, on retrouve en plus de la caténaire les modifications qui ont été apportées entre temps au plan de voie.

Le triangle de Selby est également inclus : la Class 158 prend la branche en direction de York, les voies directes partent vers le sud.

Je pensais que le prix allait être encore plus élevé, mais qu’il y aurait une réduction pour ceux qui ont acheté la version antérieure de la ligne (section Peterborough-Newark). Que nenni, seuls ceux qui possèdent la version 80’s ont 5 livres de réduction, pour tous les autres il faudra débourser 25 livres, soit à peu près 33 euros. Un prix qui reste raisonnable compte tenu de la longueur de l’itinéraire (pas loin de 200 km au total) pour les nouveaux acheteurs, mais qui laissera quand même un arrière-goût amer à ceux qui avaient la précédente version.

On peut enfin monter au nord de Newark !

Les décors sont bien réalisés, ce n’est que de la 2D, mais tout reste cohérent : il n’y a pas de buisson aux couleurs flashy ultra-saturées au côté d’un arbre tout sombre. Par contre je trouve la texture des voies bien trop claire. La pose des assets est réaliste, ça donne un rendu sympa au bord de voie. Par contre, il ne faut pas se le cacher, c’est assez monotone. Mais c’est la même chose en réalité, ce n’est pas la ligne la plus jolie du pays ! Je pense qu’elle plaira à deux types de personnes : les grands amateurs de rail anglais, parce que l’ECML ça reste l’ECML, et ceux qui aiment la grande vitesse, on est un peu dans le même esprit qu’une LGV même si la vitesse maximale est de 200 km/h.

L’ECML… c’est plaaaaaaaaat !

Les gares sont très bien modélisées, la zone de Doncaster est très sympa, par contre certains ouvrages d’art auraient pu faire l’objet d’une modélisation spécifique. La caténaire elle est de l’ancien modèle, sans balancement. Pas de dévers non plus. Au contraire, les signaux sont plus récents, et accompagnés de leur réelle identification.

Doncaster, une plaque tournante du rail anglais.

10 scénarios carrière sont inclus, assez variés, mais bon ce ne sont pas les meilleurs que j’ai vu. En plus c’est assez incohérent, entre des Intercity225 en livrée British Rail et une dizaine de Class 66 EWS ! Cependant, je ne doute pas pour ceux qui n’osent pas ou n’ont pas le temps de créer leurs propres scénarios, que la communauté se saisira de cette ligne pour nous offrir de magnifiques activités. Surtout que sur cette ligne, c’est très varié, du train express à l’omnibus en passant par les trains de fret, HLP ou trains spéciaux… en attendant les Quick Drive permettront de satisfaire tout le monde. Bref, un joli itinéraire pour ceux qui sont intéressés par la ligne réelle ou la grande vitesse… :)

avr 09

Une ligne caritative !

Salut ! Aujourd’hui, Matt Peddlesden va effectuer un marathon sur Twitch, qui commencera à 14h, il va jouer à notre simulateur favori (mais aussi un peu de Flight Simulator) pendant 24 heures ! Donc si vous ne savez pas quoi faire à 2h du mat’, vous pouvez toujours vous rendre sur sa chaîne. Et même si vous avez déjà quelque chose de prévu, n’hésitez pas à passer pour le soutenir, mais aussi tenter de remporter un des nombreux lots qui seront offerts ! Matt effectue ce marathon pour la bonne cause, et récolter des dons pour l’association « Cancer Research UK ».

Si je vous parle de cela, c’est qu’en marge de cet évènement, Phil Teare (pjt1974), connu des simmers pour ses vidéos d’apprentissage de ligne et son itinéraire représentant un réseau de modélisme (disponible gratuitement sur le Workshop), a créé une ligne en donationware appelée « Nessland Lough », que vous pouvez acheter pour un peu plus de 6 euros sur UKTS. Tout l’argent récolté partira également pour cette association.

Une ligne à visée caritative.

La ligne est en fait un petit réseau – fictif – de lignes, avec environ 30 km de voies au total, situé dans le nord-est de l’Angleterre, pas trop loin de Durham, Sunderland… si vous voyez (sinon y a Google Maps :P). Cette région est très verte, très plate, et en bord de mer. Vous connaissez peut-être ces paysages avec la ligne ECML Modern de Darren Porter, et en particulier la section de la Tees Valley Line entre Darlington et Middlesborough.

Un petit réseau dans le nord-est de l’Angleterre.

La pose de décor est très réussie et on s’y croirait vraiment. Les parties urbaines sont également très bien faites, avec une jolie verrière pour la gare centrale de Chimley par exemple. Il faut remercier pour cela le non moins connu Richard Fletcher pour ses assets personnalisés. Le réseau mélange ligne principale à double voie, et petites branches à voie unique, sans compter plusieurs dépôts et voies de service et une carrière, ce qui permet de multiplier les possibilités de scénarios.

C’est une petite ligne sans prétention mais très sympathique.

Attention, pour profiter de la ligne, il vous faudra TS16 (version payante), l’ECML South et la WCML Over Shap. Trois des sept scénarios inclus nécessitent également le BR Blue Pack.

Ce n’est pas la ligne de l’année, et elle ne prétend pas l’être, mais pour 6 euros, vous faites une bonne action, avez une petite ligne sympathique, et même 1 mois d’abonnement premium au site d’UKTS. Que demander de mieux ?

mar 26

LGV A : Première ligne française payante

Salut ! Aujourd’hui un test que je rêve d’écrire depuis des années, celui d’une ligne française payante. Pour en refaire l’historique, tout commence en novembre 2013 lorsqu’un de nos membres repère et ouvre un sujet concernant des screens d’une LGV Atlantique qui serait en production. 73 pages, une interview du créateur – son premier travail pour TS, quelques problèmes de communication et deux ans plus tard, la ligne, très attendue par cette communauté, vient enfin de sortir, chez JustTrains.

Cela fait des années que j’attendais un tel moment !

Néanmoins, certains des messages sont très critiques, et on peut distinguer deux grands points de vue : premièrement, ceux qui pensent que l’auteur a fait un boulot exceptionnel, excusant les défauts parce que c’est une ligne française, que ça n’existait pas avant, que l’auteur est novice dans ce simu et donc que le prix est juste un remerciement envers le celui-ci. Deuxièmement, ceux qui pensent qu’il s’agit d’une ligne payante comme n’importe quelle autre, et qu’elle se doit donc d’atteindre un certain niveau de qualité, même si elle n’est créée que par une unique personne, « novice » dans ce simulateur, et qu’elle s’intéresse à notre pays.

Personnellement je fais partie des seconds, mais ce qui est le plus important, c’est que ces deux thèses peuvent se justifier avec des arguments objectifs, et par conséquent je les trouve toutes les deux raisonnables. Ce qui l’est moins, c’est de se dire que l’on a raison et que les autres, s’ils ne sont pas de notre avis, sont des nuls (pour rester correct, la vulgarité ne fait que desservir les personnes qui les emploient).

Une ligne assez critiquée, qui divise notre communauté.

Dernière petite précision, avant que l’on m’attaque sur ce point, je ne cache absolument pas le fait que je travaille en collaboration avec DTG, mais que l’ensemble de ce texte, comme tout ce que j’écris ici et sur le forum, reste mon avis personnel. Vous en pensez ce que vous voulez.

Bon ça c’est fait, maintenant, parlons de l’add-on en lui-même. Il s’agit de la reproduction de la LGV Atlantique entre Paris Montparnasse et Saint-Pierre-des-Corps, soit 220 km de voies. La ligne est fournie avec le TGV Atlantique en diverses variantes et livrées : rame grise, Lacroix, rame du record et voiture-vigie… je trouve cela assez (trop ?) ambitieux pour une première transition : j’aurais préféré moins de contenu, mais d’une meilleure qualité (encore un argument qui peut se débattre !).

220 km de voies, avec l’iconique TGV Atlantique. Peut-être trop ambitieux pour une première création ?

Parlons de la ligne donc : je ne suis pas du coin, mais je l’ai déjà empruntée à plusieurs reprises, et je trouve que l’ambiance y est. La pose des décors est globalement bonne (à part quelques arbres flottants), les assets spécifiques sont sympas – mais malheureusement pas assez nombreux, et comme en réalité, les décors restent assez variés ce qui fait qu’on ne s’ennuie pas trop (pour une LGV). Cependant, comme toutes les lignes dont la production a commencé il y a des plusieurs années, elle a un air vieillot, avec beaucoup trop d’assets Kuju comme les arbres 2D, les bâtiments que l’on a tous vu des centaines de fois, et l’absence de balancement de la caténaire… le dévers lui, est présent. C’est une surprise agréable.

Sur la majorité du parcours donc, c’est pas mal, mais certains tronçons sont moins réussis, que ce soit en pleine ligne avec des décors qui paraissent parfois un peu « vides » (on est loin de la 3D intégrale des Wherry Lines) ou encore à Paris. La sortie de la gare Montparnasse est excellente, cependant, à cause du manque d’assets spécifiques, on a l’impression de traverser une zone urbaine… mais pas Paris. Dans sa globalité, le travail reste tout à fait convenable, c’est comparable aux Western Mainlines du même éditeur.

La plupart du temps ça, mais parfois c’est moins bien.

Concernant les fonctionnalités, on est au deux extrêmes… en effet, on a une TVM excellente, avec les sectionnements qui sont extrêmement bien réalisés, mais de l’autre côté, un KVB… absent et l’acquittement de certains signaux lumineux pourtant ouverts ! Ça ça va pas ! Ce n’est que sur les premiers kilomètres, certes, mais tout de même ! Pour un add-on vendu comme ayant des « procédures d’exploitation réalistes », on repassera !

Le TGV, c’est la partie du pack que j’aime le moins. D’abord au niveau du texturing, extérieur comme intérieur, pas très précis, avec de nombreuses textures qui n’ont pas la résolution suffisante, voire de la 3D tout simplement ignorée, comme le module KVB, tout plat. Pourtant l’auteur en est capable, à en juger certains éléments de la cabine. Cabine, qui, malgré ce défaut n’est pas si mauvaise, si on ne zoome pas. Les sons sont ni excellents, ni mauvais, mais la physique est à revoir, en effet le train accélère et ralentit comme une fusée ! Et cela se remarque d’autant plus que la commande clavier pour les freins est très sensible ! Il suffit d’effleurer la touche ù pour se retrouver avec 90% de freinage ! Dommage ! Toutefois, après une petite période d’acclimatation, on se fait à la conduite de ce TGV, qui reste en fait dans la moyenne des matériels roulants que nous connaissons pour TS.

On a vu mieux comme texturing…

En terme de scénarios : des Quick Drive sont inclus (mais que dans le sens nord-sud, bizarrement) et quelques scénarios standards que je n’ai pas tous essayé, mais qui ont l’air sympas. C’est une LGV, donc il est difficile de varier les possibilités, mais vu la présence de gares intermédiaires, je pense qu’on peut imaginer pas mal de choses. Finalement, le temps de développement de la ligne se fait sentir, et l’expérience de l’auteur pour TS aussi, vu les scripts que je qualifierai de maladroits. Et au-delà de tous ses défauts, je dois avouer que je me suis pas mal amusé en conduisant sur cette LGV Atlantique. C’est quand même le principal ! Ainsi, ne serait-ce pour assoiffer votre curiosité, je vous la recommande, sincèrement.

Tant qu’on zoome pas, la cabine reste correcte. Beaucoup de commandes sont manipulables. Notez cependant le KVB tout en 2D !

mar 18

Les Z2 de Dom sont disponibles

Salut ! En ce moment la communauté française est assez gâtée… entre la ligne chez JustTrains qui n’est (normalement ?) plus très loin, l’annonce par DTG d’un partenariat avec la SNCF, les nouveaux modèles de PierreG… et la sortie hier soir des Z2 par Dom107, il y a de quoi faire !

Les Z2 sont des automotrices à deux éléments, construites dans les années 80, dans le but de moderniser les relations locales, et réduire l’écart de qualité lorsque les voyageurs quittaient le TGV et prenaient le petit train local pour rejoindre leur destination finale… il existe des versions bicourants (Z 9500 et Z 9600), monocourant continu (Z 7300 et Z 7500), et monocourant alternatif, les Z 11500 (les meilleures, bien évidemment :P).

Vous êtes sûrement nombreux à avoir déjà aperçu, voire voyagé à bord de ces rames, elles sont utilisées un petit peu partout en France pour assurer des TER, qu’ils soient express ou omnibus. Par exemple, en Lorraine, les Z11500 que je vois presque tous les jours assurent aussi bien des rapides Nancy-Strasbourg, que des omnibus Nancy-Thionville.

La version de Dominique n’est certes pas du niveau de Waggonz ou virtualRailroads, et n’a pas de vue passager (honnêtement on pourrait même se contenter du modèle extérieur tellement celui-ci est détaillé), mais la 3D et le texturing sont vraiment superbes, la cabine super jolie, et l’auteur a tout de même implémenté de nombreuses fonctionnalités. Bravo et chapô, Dominique !

Une pu***n de Z 11500 quoi ! C’est à retrouver gratuitement dans la section téléchargements du site. Encore bravo et merci !

 

 

mar 13

Une bonne Collett

Salut ! En ce moment, pas de surprise dans les sorties : les BR151 de vR sont excellentes, mais toutes les avoir nécessite d’avoir caché de l’argent aux Maldives, le Cityjet de RSSLO a de jolies fonctionnalités, mais les sons sont à revoir, et la Britannia de JT justifie son prix par une simulation bien avancée… alors pour sortir de l’ordinaire, je vous propose un test de la « Collett Goods » de Digital Traction, disponible dès à présent pour ceux qui l’ont pré-commandés. Les autres devront attendre la publication chez Steam Sound Supreme, qui s’est d’ailleurs occupés des sons de cette machine.

Petite présentation d’abord, la « Collett Goods » ou série 2251 GWR est une locomotive 0-6-0 de cette grande compagnie conçue par… devinez… oui vraiment on s’y attend pas du tout… sisi j’vous jure… bon allez j’arrête… mais encore un peu quand même… Charles Collett :P. 120 machines furent mises en service à partir de 1930, circulant sur tout le réseau GWR en tête de tout train de voyageurs ou marchandises pas trop lourds. Radiées dans les années 50 et surtout 60, aujourd’hui, seule 3205 roule encore, au South Devon Railway (enfin comparé à chez nous c’est déjà bien…).

Une locomotive de taille moyenne, pour des trains moyens.

Bref, concernant cette version virtuelle, la reproduction de DigitalTraction est très convaincante. Le modèle 3D est très joli, de nombreux détails ont été représentés sans être simplement texturés. La locomotive et son tender sont disponibles en trois livrées : vert Brunswick GWR, et deux versions de la livrée noire BR. On notera que l’on peut modifier la plaque de dépôt et l’effet (métal ou poli) de la cheminée et de la soupape de sécurité. Malheureusement, les 20 machines construites sans fenêtre de côté (à cause des craintes liées à la guerre) n’ont pas été reproduites.

DT a fait du bon boulot.

L’abri est très sympathique, c’est un des meilleurs que DigitalTraction ait reproduit pour l’instant. Les différents tuyaux ont l’air pour une fois bien soignés. Les textures sont également de bonne qualité. Ce qui est encore mieux, c’est la conduite de cette locomotive, qui est très agréable, avec une physique qui me parait réaliste. Et comme j’écrivais plus haut, les sons ont été enregistrés par Steam Sound Supreme sur la 3205, et c’est très très très appréciable. Niveau scénarios, il y a pas mal de Quick Drives, et aussi trois bons scénarios standard pour la Riviera in the fifties.

L’abri est de bonne qualité, c’est ce qu’il faisait un peu défaut sur les précédents modèles du studio.

Le problème, c’est le positionnement de DT sur le marché actuel. D’un côté vous avez JustTrains, VictoryWorks et autres Smokebox qui font des locomotives très jolies, mais au fonctionnement très avancé, de l’autre DTG avec des locomotives très jolies mais très basiques… le petit studio anglais se retrouve un petit peu coincé entre ces deux segments avec une locomotive très jolie, mais des fonctionnalités entre les deux, et je pense malheureusement que seuls ceux qui ont un intérêt pour les locomotives GWR achèteront cet add-on. Car si vous voulez juste un nouveau joujou à vapeur, il y a plus intéressant ailleurs, selon que vous recherchiez la facilité ou le défi.

Ni basique, ni avancée… moyenne par sa taille, et ses fonctionnalités aussi.

Personnellement, cela reste une locomotive soignée, et agréable à conduire, donc je vous la recommande tout de même. Il est juste dommage de ne pas voir de fonctionnalités plus avancées…

mar 05

Mike Rennie (Smokebox) : « Je fais le même travail, virtuellement, qu’effectuaient les ouvriers à l’époque »

Salut ! Aujourd’hui, je vous propose une interview de Mike Rennie, que vous connaissez peut-être sous le nom de Smokebox, auteur de deux add-ons parus chez DTG : la Consolidation et la FEF-3, reconnus par l’ensemble de la communauté comme des excellentes créations. Sans plus attendre, la voici, j’espère que vous la trouverez intéressante, j’attends comme d’habitude vos retours ! :)

Olivier : Salut Mike ! Merci pour avoir accepté de participer à cette interview. Tout d’abord, pour nos lecteurs qui ne te connaissent pas forcément, peux-tu te présenter ?

Mike : Salut ! Je m’appelle Mike Rennie, et on me connait dans la communauté Train Simulator sous le nom de Smokebox. Même si je suis anglais, je suis surtout connu pour modéliser des locomotives à vapeur américaines dans TS.

O : Comment as-tu commencé à créer du contenu pour Train Simulator ?

M : J’ai créé du contenu gratuit pour Microsoft Combat Flight Simulator pendant des années, mais lorsque MSTS fut sorti, cela raviva l’intérêt que j’avais pour les trains quand j’étais petit. Ensuite, Railworks fut publié, et je me le suis procuré. Je voulais personnaliser les décors des lignes, et aussi continuer de m’amuser en créant des modèles virtuels, donc j’ai acheté 3DCrafter Pro, et commencé à créer des éléments de décor pour moi-même. C’est comme ça que j’ai appris le métier, pour des objets basiques en tout cas. Après un certain temps, je me suis mis à créer des modèles de plus en plus complexes, dont des wagons anglais très détaillés, et un poste d’aiguillage. Ensuite, je voulais m’atteler à quelque chose d’encore plus ambitieux. J’ai toujours pensé que les locomotives du jeu pouvaient être mieux réalisées, donc je me suis fixé l’objectif d’en créer une du mieux que je pouvais. J’ai demandé des suggestions sur des forums, et quelqu’un a eu l’idée d’une Consolidation 2-8-0.

Mike s’est fait connaitre avec ses wagons GWR Siphons, toujours disponibles sur trainsim.com.

O : As-tu toujours eu un intérêt particulier pour les locomotives à vapeur américaines ?

M : En fait, pas du tout, ce qui peut paraitre surprenant ! C’est juste une de ces choses qui arrivent de temps en temps – on m’a montré une photo d’une 2-8-0 américaine très ancienne, et je me suis dit « tiens, ça a l’air étrange et intéressant, ça pourrait être marrant ». J’ai cherché si des plans détaillés de 2-8-0 étaient disponibles, et je suis tombé sur un ensemble presque complet de dessins de la Consolidation construite en 1926 par Lima pour l’AT&NR. Ce n’est qu’après avoir commencé à la modéliser, et fait des recherches en détail, que je suis réellement tombé amoureux des vapeurs américaines.

O : Qu’aimes-tu chez ces locomotives ?

M : Une des choses que j’adore vraiment chez elles, c’est qu’elles sont si différentes des locomotives à vapeur anglaises ordinaires, ce qui les rend exotiques à mes yeux. J’avais l’habitude de voir des locos dont la plupart des mécanismes n’étaient pas visibles, alors que les américaines ne cachent rien – les générateurs, les pompes à air, les réchauffeurs, tous les tuyaux et les câbles, tout est (généralement) à l’extérieur. De façon générale, elles sont aussi beaucoup plus imposantes, et certaines peuvent paraître assez bestiales et puissantes, ce qui les rend attrayantes. Enfin, le fait de les regarder me fait penser au continent américain en lui-même, une terre lointaine pour moi qui habite en Écosse, cela stimule mon imagination.

O : Pourquoi as-tu choisi DTG pour publier tes add-ons ?

M : Plusieurs raisons ont fait que j’ai choisi de publier chez DTG. Premièrement, lorsque j’ai commencé ma première loco, la Consolidation, c’était un projet freeware, donc un hobby pour m’amuser dans mon temps libre. J’ai montré des images WIP sur des forums, et un autre créateur, célèbre pour ses lignes américaines payantes (Note D’Olivier : Richard Galber du studio All Aboard), m’a dit qu’elle était largement assez bonne pour être payante, et je devais sérieusement considérer le fait d’en faire mon métier. Il m’a mis en contact avec RSC (leur nom à l’époque), et le reste a suivi son cours naturellement. De plus, publier chez DTG présente l’avantage majeur d’avoir accès la plate-forme Steam de Valve, utilisée par des millions de joueurs. Si j’avais essayé de publier la loco moi-même, cela aurait été très difficile (impossible, en fait) d’atteindre un marché aussi large. Et puis, RSC a pu me donner une aide technique pour parfaire et terminer le modèle, en me faisant comprendre comment finir certaines choses et le mettre en forme selon leurs règles.

O : N’était-ce pas trop compliqué, puisque tes add-ons sont très avancés, mais DTG veut lui viser un public très large ?

M : Tu soulèves un point intéressant. La Connie (NDO : Consolidation) était une des simulations les plus complexes et réalistes à l’époque, introduisant de nouvelles fonctionnalités que j’avais implémenté, et cela causa des problèmes pour son autorisation à la publication : j’ai dû expliquer comment celles-ci fonctionnaient, et m’assurer qu’elles étaient clairement détaillées dans le manuel, ce qui le rendit lui aussi assez complexe. RSC m’a aussi fait remarquer qu’ils ont un public assez large, comme tu l’as justement dit. J’ai donc dû créer plusieurs versions du modèle : une qui avait toutes les fonctionnalités très avancées et compliquées, qui la rendait incompatible avec le HUD F4, et une autre, simplifiée, qui était compatible avec ce dernier. Ce fut beaucoup de travail en plus pour moi, mais je pense que cela en a valu le coup.

Les vapeurs américaines sont des vrais monstres !

O : La Consolidation était déjà excellente et c’était ta première loco, c’est impressionnant que tu ais tout fait tout seul… félicitations ! T’es-tu senti découragé par moments ?

M : Merci ! Il y a certains moments lors de la création du modèle qui m’ont beaucoup contrariés, mais c’était surtout parce qu’il était tellement gros que 3DCrafter avait dû mal le supporter, il plantait de nombreuses fois par jour. Même si je faisais des sauvegardes, cela altérait parfois les fichiers et je devais recommencer un jour ou plus de travail. Cela peut être très difficile ! Mais je ne m’en suis jamais lassé. Tout était un challenge, c’était comme résoudre un puzzle, et j’ai vraiment aimé le fait de tout avoir sous mon contrôle – le modèle en lui-même, les animations, le texturing, les sons, les effets spéciaux, le scripting, les scénarios… tout. Je n’avais pas aussi à m’inquiéter d’une éventuelle date butoir, donc je pouvais continuer jusqu’à ce que je me sentais prêt.

O : La FEF-3, ton deuxième modèle, est un cran au-dessus. On peut clairement voir une évolution entre les deux machines. Qu’est-ce que la Connie t’a appris, pour que tu puisses arriver à recréer – et je suis sûr que de nombreuses personnes seront d’accord avec moi – la locomotive à vapeur la plus réaliste pour ce simulateur ?

M : Merci pour les compliments ! C’est une très bonne question. J’ai en effet tiré des précieuses leçons de la Connie. Une des plus importantes étant qu’il était possible de réaliser un modèle très détaillé, avec des scripts avancés, sans mettre le jeu à genoux. Je pense que la plupart des joueurs avec un ordinateur aux performances moyennes n’ont pas de problèmes avec le framerate. Cela m’a donné la confiance pour vouloir détailler la FEF-3 au maximum, avec tous les écrous, boulons et rivets en 3D, les angles bien ronds, et autant de détails que possible pour qu’elle paraisse réelle, même de très très près !

Une autre leçon que j’ai retenu était les techniques de texturing. Je suis assez content des textures de la Connie, mais je pense que j’ai fait au moins dix fois mieux sur la FEF-3. J’ai réalisé que je devais faire plus attention à la lumière et aux ombres pour pouvoir recréer la vraie « texture » de différentes surfaces. J’ai passé beaucoup de temps à essayer différentes méthodes, pour m’assurer que tout semble réel de près, en poussant jusqu’à l’oxydation autour des rivets, ou la façon dont la peinture sur les surfaces en métal coulé tend à ressembler à la peau d’une orange (à cause du sable utilisé dans le coulage).

Enfin, une des leçons dont je me souviens le plus est que la seule façon de créer un modèle vraiment authentique était de suivre autant que possible pour un être humain les dessins industriels originaux. En effet, je fais le même travail, virtuellement, qu’effectuaient les ouvriers à l’époque (utiliser les plans pour créer les moules qui servaient à construire les pièces).

Le créateur a beaucoup appris avec la Consolidation, sa première locomotive.

O : Le fonctionnement de la FEF-3 est très réaliste, n’était-ce pas trop dur pour un Anglais d’abord de comprendre, puis ensuite de scripter toutes les caractéristiques d’une vapeur américaine ?

M : Tu as raison, c’était difficile au départ. J’ai passé beaucoup de temps à lire des livres sur le sujet et développer mes connaissances, mais j’ai aussi eu la grande chance de me faire des amis pendant le développement du modèle, grâce aux forums et à la page facebook, amis qui se trouvaient être des conducteurs de locomotives à vapeur aux États-Unis. Ils ont pu m’expliquer de nombreuses choses. Certains d’entre eux m’ont même envoyé des vidéos qu’ils avaient fait au travail, pour me montrer le fonctionnement de certaines commandes. Par chance, un de ces contacts a même été chauffeur et conducteur de la vraie 844, c’est grâce à lui que la mise à jour de la simulation de la jauge de la pompe à eau est si fidèle.

C’est quelque chose de particulièrement utile : au lieu de rester mystérieux sur mes projets, j’ai partagé de nombreuses images WIP. Cela a permis aux gens de voir ce que j’étais en train de faire, et de me donner des conseils pratiques ou exprimer leurs opinions, me laissant plein de temps pour les intégrer au modèle avant que celui-ci ne soit terminé.

O : As-tu des conseils pour ceux qui veulent créer du matériel roulant pour TS ?

M : Mon premier conseil serait d’apprendre les bases en commençant par quelque chose de simple ! Comme je l’ai déjà dit, avant de me mettre à la Connie, j’avais déjà acquis de l’expérience sur TS et 3DCrafter en réalisant d’autres modèles. Mon tout premier objet pour TS était un arbre en deux dimensions ! Après cela, j’ai fait un panneau publicitaire, un chariot à bagages, des bidons de lait, ce genre de choses. Je pense vraiment qu’il essentiel de s’y prendre par étapes, et de ne pas débuter par un modèle complexe sans avoir fait ces choses au départ. En plus, la locomotive à vapeur, est carrément la bête la plus complexe inimaginable à reproduire dans TS, le travail et les compétences nécessaires pour y arriver ne doivent pas être sous-estimées. Il est également important d’être patient. Il y aura beaucoup d’essais et d’erreurs, d’expérimentations, il faudra jeter des choses qui ne marchent pas, devoir recommencer. Il faut avoir cela à l’esprit avant de s’y mettre. Un dernier conseil, soyez sûrs de le faire pour vous amuser, cela doit être un sujet qui doit vous passionner ! Et au fait, est-ce que j’ai mentionné que c’était beaucoup de travail ? 😀 Si cela ne vous passionne pas, ce sera difficile d’en voir le bout.

Mike a pu compter sur le soutien de vrais vaporistes pour modéliser la FEF-3.

O : Dernière question : ton projet actuel est Jupiter, une locomotive à vapeur du 19ème siècle, qui fait partie de l’Histoire, puisqu’elle fut présente à la cérémonie de l’achèvement du premier chemin de fer transcontinental. Pourquoi ce choix ?

M : Ce fut un pur hasard. Je voulais réaliser une autre locomotive à vapeur américaine, parce que je les aime, et qu’elles sont devenues un marché de niche pour moi – je ne suis pas le seul à en reproduire pour TS, mais nous ne sommes pas nombreux. J’étais en train de chercher des images de locos à vapeur sur Google, et je suis tombé sur la Leviathan de David Kloke, qui fut construite sur les mêmes plans que Jupiter. J’ai juste adoré son look, et je me suis dit « Voilà ! Une nouvelle loco insolite mais belle qui n’a jamais été vue dans TS ! » (excepté un modèle gratuit il me semble). J’aime modéliser des éléments inhabituels. Ensuite, j’ai vu que l’on pouvait obtenir un ensemble presque complet de plans aux USA, et c’est cela qui a scellé l’affaire.

Bien sûr, les n°60 « Jupiter » du CPRR et la n°119 d’UP sont célèbres pour leur rencontre à la cérémonie du Golden Spike. C’est un bonus supplémentaire. Cela signifie qu’elles sont bien connues aux États-Unis et donc qu’elles devraient être un succès. De plus, étant du 18ème siècle, cela ouvre la voie à de nombreuses possibilités, j’espère qu’elles peuvent même déclencher le développement de nouvelles lignes situées dans l’ère du Far West.

O : Merci Mike pour ces réponses ! J’adore les Hommes, qui animés par une passion, arrivent à faire de grandes choses. Je te souhaite le meilleur pour ton futur !

M : Merci beaucoup à toi, Olivier, j’ai apprécié la discussion ! Je pense que j’aurais pu continuer pendant des heures.

fév 28

Armstrong Powerhouse sort sa première ligne !

Salut ! Deux jours après la sortie d’une nouvelle ligne anglaise chez Just Trains, c’est Armstrong Powerhouse qui s’y met, mais pour cet éditeur il s’agit d’une grande première, étant plus habitué aux packs de sons et de scénarios. AP nous a toujours vendu de l’excellence, et nous allons voir que cet add-on ne fait pas exception.

Petite présentation, d’abord, pour ceux qui ne situent pas trop : il s’agit des Wherry Lines, un ensemble de petites lignes rurales dans le Norfolk, à l’extrême-est du pays. Le point de départ de celles-ci est Norwich, qui est d’ailleurs le terminus de la Great Eastern Main Line. À partir de cette ville, la caténaire disparait assez rapidement, puis, à Brundall, nous avons le choix, soit de continuer directement vers Great Yarmouth (premier terminus), par une voie unique dans une ambiance très boisée, soit de prendre un cap sud-est, en traversant les champs, et en ayant un deuxième choix à faire à Reedham ; remonter vers le nord pour retrouver Great Yarmouth, ou continuer dans cette direction, et arriver au second terminus, Lowesoft. Cette bifurcation n’est pas triangulaire, et, si vous avez bien suivi, pour relier directement Great Yarmouth à Lowesoft, il faudra rebrousser à Reedham.

Le nom « Wherry Lines » vient du nom des bachots spécifiques du Norfolk, visibles ici à l’arrière-plan.

Ces lignes forment, comme en réalité, un ensemble très bucolique. Les paysages ne sont pas si variés que ça – et encore, le contraste forêt/champs entre le nord et le sud est très perceptible – mais ils sont très joliment reproduits. La grande nouveauté apportée par cette itinéraire, c’est l’absence total des textures 2D, et la pose d’herbe et céréales 3D sur TOUT le décor, qui fait à la fois plus réaliste, et plus beau, puisqu’on n’a plus de problème de résolution. On se demande pourquoi personne n’y avait pensé avant, tant cela parait à présent évident ! Les deux inquiétudes qu’on pouvait avoir par rapport à cette caractéristique sont vite écartées : niveau FPS, c’est ni mieux ni moins bon qu’une ligne dense en décors de DTG ou JT, et concernant les différentes saisons, tout est prévu, et je trouve que le printemps et l’automne offrent les plus jolis rendus, alors qu’en été, les couleurs sont un poil trop éclatantes à mon goût.

L’utilisation de végétation 3D recouvrant les textures change tout !

Je passe sur la modélisation des bâtiments 3D, qui est bonne même si DTG reste – pour l’instant encore – indétrônable, petit coup de cœur tout de même pour les deux ponts tournants à Reedham et Somerleyton, qui ont été particulièrement bien soignés. Par contre, il faut s’attarder sur le grand point fort de cette ligne, sa signalisation. À part quelques signaux lumineux, principalement dans la zone de Norwich, on est confronté à des signaux mécaniques, d’une réalisation impeccable. Par la modélisation d’abord, avec de très jolies textures et la reproduction des particularités de chaque signal ! Un niveau de détail jusque-là inégalé. Par l’animation, ensuite, avec ces bruits caractéristiques, et surtout l’espèce de « ressaut » à la fermeture, c’est juste génial. Par les scripts, enfin, c’est le plus important… les règles sont parfaitement respectées, notamment le fait que l’aiguilleur n’ouvre le signal d’arrêt que lorsque notre vitesse est assez faible. C’est ce point particulier qui finit d’achever ceux qui n’étaient pas encore convaincus. Un grand bravo à AndiS qui s’est chargé de coder tout cela.

Les bâtiments sont sympas, mais le gros point fort de la ligne, c’est sa signalisation.

Comme je l’écrivais au tout début de cet article, AP est surtout connu pour ces packs de sons, et Richard n’a pas pu s’empêcher d’utiliser son talent – pour notre plus grand plaisir – en incluant avec ce pack une amélioration de la Class 37 Settle&Carlisle, que ce soit au niveau de la cabine, joliment refaite, de la physique, mais aussi des sons. Les quatre locomotives utilisées en réalité (37405, 419, 422 et 425) sont reproduites. Ce choix est tout à fait audacieux ; il faut rappeler qu’une des grandes nouvelles de l’actualité ferroviaire anglaise de l’année dernière était le retour des trains encadrés par des « Tractors » sur la Cumbrian Coast Line, et l’arrivée de ceux-ci sur les Wherry Lines. Assez étonnant du point de vue du voyageur lambda, mais tellement bien pour l’amateur (il fallait voir hier sur le chat twitch le nombre de références interdites aux moins de 18 ans après que le conducteur ait poussé la traction à fond dès le démarrage :P) !

Une nouvelle Class 37, avec un FOV qu’on apprécie ou pas.

Tellement bien, que Richard s’est donné la peine de créer 25 (oui oui, vingt-cinq) scénarios pour la ligne… avec ces trains. Alors oui, les Class 37 c’est génial, mais à un moment, on aurait peut-être préféré l’emploi de matériel plus varié pour la conduite, comme les 153, qui sont des habituées de longue date, ou les moins courantes 150 et 170. Pourquoi pas également des scénarios qui reproduiraient les trains directs Londres-Great Yarmouth, la rame standard composée d’une Class 90 et de voitures Mark 3 étant tirée par une 47 sur la ligne qui nous intéresse aujourd’hui…

25 scénarios vous permettront de conduire les Class 37 !

Pour finir, il faut évoquer le prix, qui fait assez polémique lorsqu’on parcourt les différents sites de la communauté. En effet, pour acquérir cette petite merveille il faudra dépenser pas moins de 40 euros ! Sachant en plus que plusieurs prérequis payants sont nécessaires. On peut comprendre les deux points de vue : d’un côté, la ligne atteint une qualité pour l’instant inégalée, et dispose de nombreux contenus (plein de scénarios, des nouveaux sons, etc…), mais en même temps, d’autres lignes ne sont pas loin derrière et sont pourtant dix euros moins cher. Personnellement, je trouve le tarif un peu élevé, un prix de vente à 32-35 euros aurait été plus judicieux. En tout cas, je ne peux que vous inciter à découvrir cet add-on, en attendant les soldes s’il le faut, et, si vous voulez en apprendre plus, je vous conseille le documentaire de Video125, qui n’est pas un simple cabride, mais permet de découvrir les « coulisses » de la ligne. Moi, j’y retourne !

fév 27

Des westerns chez Just Trains

Salut ! Comme beaucoup d’amateurs du rail anglais, je suis tombé de ma chaise lorsque JustTrains a annoncé sa « Western Mainlines ». La GWML en entier plus le lien vers Oxford plus la Severn Beach Line plus Bristol-Cardiff – et ce quelques jours après l’annonce d’une modélisation de cette dernière par DTG, quelle coïncidence – c’est du jamais vu pour TS, alors que nous sommes habitués à voir des petits tronçons de ces grandes artères du pays. Après la Chiltern Main Line, oeuvre excellente et gratuite de photons66, cet itinéraire est donc (seulement) la deuxième grande ligne à nous être offerte dans son intégralité.

Il ne faut pas oublier que la section Londres-Reading-Oxford n’est pas inconnue, c’est le petit moment nostalgie « Oxford-Paddington », ligne de base déjà présente sur Railworks 2, les anciens s’en souviennent… et Bristol-Exeter, elle aussi présente dans ce nouvel add-on, est un DLC assez ancien. Mais ici tout est neuf, il ne s’agit pas d’une amélioration de ces précédentes lignes. Et la différence est assez nette, en faveur de cette nouvelle version. On notera également que le plan de voies à Reading correspond à celui qui existe en réalité depuis 2014, et qui n’a quasiment rien à voir avec le précédent.

Le début de la GWML a profité d’une reconstruction à partir de 0, et c’est assez bien fait.

L’autre caractéristique alléchante, c’est la partie galloise de la ligne. En effet, si on exclut la South West Wales Route, gratuite, mais qui a malheureusement assez mal vieilli, cet add-on est le premier qui nous permet de nous plonger sur le réseau gallois actuel. Grosse déception pour moi, c’est la partie la plus ratée de la ligne je trouve…

Il faut dire qu’avec un telle quantité de décors à poser, il faut faire des choix pour que la ligne sorte avant TS2030. Et ici, il a été très simple : beaucoup de répétition dans les assets, et une pose de ceux-ci assez maladroite. En effet, premièrement, si on constate que des assets spécifiques sont bien sûr présents, ils ne sont pas en assez grand nombre, et donc on voit toujours les mêmes arbres, toujours les mêmes buissons, toujours les mêmes maisons… pour la GWML et la Bristol-Exeter, ça passe encore, car les paysages sont assez variés pour que cela ne gêne pas trop. Je trouve par contre que le rendu sur la section Bristol-Cardiff est beaucoup moins convaincant.

C’est vraiment ça le Pays de Galles ?

De plus, ce problème aurait pu être atténué si la pose était bien précise, en reproduisant la nature comme elle l’est en réalité, c’est-à-dire avec du hasard. C’est ce que font de nombreux auteurs de lignes, aussi bien DTG, Mully, Keith Ross, Jan Bleiss en payant que des artistes du gratuit que je cite bien souvent ici. Sur cette ligne, on est loin de tout ça. Je ne sais pas si cela témoigne d’une mauvaise maîtrise de l’éditeur, ou alors du manque de temps et donc de soin, mais on voit trop souvent des rangées d’assets identiques, qui cassent totalement l’ambiance. Encore une fois, c’est sur la partie galloise que c’est le plus gênant.

Très réaliste, n’est-ce pas ? Et encore, il y a pire…

Cependant, tout n’est pas à jeter, heureusement, les différentes villes et points remarquables restent tout à fait identifiables, et on pourra rapidement abandonner les anciennes versions de la Bristol-Exeter et Oxford-Paddington pour ce nouvel itinéraire, plus joli et plus réaliste. Il est toutefois dommage qu’on n’ait ici que le strict minimum (et encore, pour certains, l’absence de dévers sera éliminatoire), et que finalement, certes la ligne est d’une taille énorme, mais elle n’est pas au standard de ce qui ce fait actuellement.

Alors, finalement, la quête à la ligne la plus grosse qui soit est-elle vraiment justifiée ? Ne vaut-il pas mieux se contenter de lignes plus courtes, mais plus soignées ? Les deux camps ont leurs arguments, et si ces Western Mainlines apportent un élément de réponse, le débat est loin d’être clos. Quant à ma recommandation pour cet add-on, je vous le conseille tout de même, car le rapport qualité-prix reste plus que convenable, et, pour ma part, sauf grosse surprise, j’utiliserai cette ligne pour la GWML et préférerai celle de DTG pour Bristol-Cardiff…

Pour 25 euros, parcourir la GWML en entier reste appréciable…

fév 21

La sublime Sénégalaise

Salut ! Deux choses pour commencer ce billet. Premièrement, je n’ai pas pour habitude d’écrire sur les réalisations de notre communauté, et ce pour tout un tas de raisons (qui feraient débat j’en suis sûr). Deuxièmement, vous savez à quel point je n’aime pas les lignes fictives, sauf celles qui sont vraiment très jolies.

Et dans le cas précis de la Sénégalaise, qui vient d’être mise à jour aujourd’hui, « très jolie » serait un qualificatif  bien faible pour en parler. Quelques mots de contexte, avant de vous en dire plus : il s’agit d’une ligne fictive dans un pays d’Afrique Noire, une voie unique à écartement standard reliant plusieurs villages, seuls les deux villes terminus disposant d’installations pour le transport de marchandises. Elle est assez longue puisqu’il vous faudra un peu plus d’une heure pour la parcourir. Il faut souligner qu’il s’agit de la première ligne dans ce thème.

On essaye de se frayer un chemin à travers la forêt tropicale…

Cette ligne est magnifique, elle est sublime, elle est géniale, elle est somptueuse, elle est excellente, elle est tout ce que vous voulez. C’est le premier itinéraire sur lequel je pourrais prendre des captures d’écran à n’importe quel moment ; et croyez-moi, c’est un excellent indicateur de la qualité des décors. Je reprochais aux autres lignes de Zawal – le créateur – une espèce de répétition dans les scènes, mais, cette ligne n’en comporte pas. Pourtant, c’est sur des biomes de type brousse ou savane, qu’il est le plus facile de se faire avoir, puisqu’il n’y a pas grand chose à mettre ! L’auteur nous montre donc bien ici tous ses talents. Certes, il y a quelques petits défauts, mais c’est pas grave car l’atmosphère est là.

Faire aussi beau alors que le paysage est « peu rempli », ce n’est pas une chose aisée.

Si la pose des décors est maîtrisée, il ne faut pas oublier que c’est comme en cuisine, on ne fait des bonnes lignes qu’avec de bons assets. Vous devrez donc posséder les lignes Hamburg-Hannover et Pacific Surfliner, mais aussi et surtout de nombreux objets spécifiques créés par Pierre Gauriat (inclus dans le téléchargement), qui permettent véritablement de créer l’atmosphère. Ces personnages, ces habitations, ces animaux, tous très bien modélisés… je ne veux pas vous spoiler la découverte de la ligne, donc je n’en dirai pas plus, mais, sans ça, il aurait été difficile de recréer ces décors si caractéristiques de l’Afrique subsaharienne.

Les assets de Pierre permettent une immersion totale.

N’oublions pas non plus Christophe alias beluxtrains qui a posé la signalisation (lumineuse américaine) et qui s’est chargé de créer les scénarios (6 au total, y a de quoi faire !). Personnellement, je ne suis pas trop d’accord avec ses choix – pour moi c’est LA ligne pour les autorails Budd (que vous voyez sur la plupart de ces captures), mais l’avantage avec les lignes fictives, c’est que personne n’a tort, personne n’a raison, chacun laisse parler son imagination et fait comme il l’entend.

Le travail d’équipe, ça paye.

Ainsi, la première fois qu’on parcourt la ligne, on se prend peu à peu à quitter le train, à découvrir chaque scène posée minutieusement ; des enfants qui jouent avec les chèvres, des femmes qui discutent autour du puits du village, une girafe qui boit, protégée du soleil par un baobab… et quand on pense qu’on a tout vu, de nouvelles surprises apparaissent… Finalement le train n’est qu’un prétexte pour ce voyage dans un petit coin de paradis, loin de chez nous et de nos préoccupations du quotidien.

Merci, et bravo messieurs.

Vous n’avez pas encore installé la ligne ? Qu’est-ce que vous faites encore sur cette page ?

fév 16

Xavier Guerra : « Il faut visiter par soi-même les endroits que l’on veut recréer »

Je voulais vous proposer un LMCG sur des lignes de Xavier Guerra, mais plutôt que de faire un énième test, pourquoi ne pas s’adresser directement au créateur ? Voici donc une interview de ce simmer bien connu de la communauté. J’espère qu’elle vous plaira ! N’hésitez pas à dire dans les commentaires si ce type de billet vous intéresse ou pas du tout ! :)

Olivier  : Salut Xavier ! D’abord j’aimerais te remercier pour tous les add-ons gratuits et de qualité que tu as offert à la communauté. Ma première question est simple : qu’est-ce qui t’a poussé à te lancer dans la création de contenus pour Train Simulator ?

Xavier : Hé bien je pense que c’était pour agrandir ma collection. Je jouais à MSTS depuis tout petit, et j’ai voulu essayer Kuju Rail Simulator dès sa sortie. Au départ, il n’y avait presque aucun contenu, à part les lignes et trains de base. MSTS, lui, était déjà sorti depuis bien longtemps, donc presque toutes les lignes et trains étaient reproduits dans le simulateur. Cependant, par rapport à MSTS, l’interface de construction d’itinéraires était bien plus accessible, ce qui facilitait le fait pour des novices comme moi de tester des choses et d’acquérir les compétences pour construire des lignes et reskinner des trains. Avec le temps, me rendant compte que grâce à Rail Simulator je pouvais construire les lignes sur lesquelles je voulais toujours jouer avec plus de détails et une meilleure qualité, je n’ai pas pu m’empêcher de continuer à créer du contenu, et le partager avec des personnes qui allaient apprécier le travail que cela demandait.

O  : Depuis plus de 5 ans, tu as certainement gagné beaucoup d’expérience, et ton dernier add-on, la « Backdated North London Line« , est juste un chef d’œuvre. Quels sont tes secrets pour avoir modélisé une ligne aussi réussie ?

X : D’abord, je pense que pour créer de bonnes lignes, tu dois commencer par apprendre et maitriser les bases. Personne ne peut s’attendre à construire une ligne excellente et réaliste juste après avoir lancé le simulateur pour la première fois. J’ai créé de nombreuses lignes pour moi-même avant d’en partager avec la communauté, pour me permettre de me former et développer mes compétences d’utilisation de l’éditeur d’itinéraires. Je n’ai donc pas pour habitude de recommander aux débutants de se lancer sur un gros projet s’ils veulent les meilleurs résultats.

Deuxièmement, je pense que la recherche est une partie très importante de la création d’itinéraires. Il faut prendre note des petits détails, qu’ils proviennent de photos, de Google Earth, de plans de voies, de cartes anciennes, et même visiter par soi-même les endroits que l’on veut recréer. Bien sûr, cela a été facilité par l’ajout de Google Maps dans l’éditeur mais cela ne remplace pas toujours le fait de voir la région de ses propres yeux. Se déplacer à l’emplacement réel te permet d’avoir la perception de l’échelle, des proportions du paysage et de ses caractéristiques, qui ne sont pas forcément clairs simplement avec des documents trouvés sur le net.

Le créateur a visité North Woolwich avant de la reproduire dans le simulateur.

O : Tu sembles avoir un intérêt particulier pour la région de Londres (Thameslink, Moorgate Extension, North London Line, Epping Ongar Railway…), mais tu as récemment modélisé la très sympathique Trawsfynydd Branch. Pourquoi ce choix ?

X : Le Pays de Galles a toujours été mon deuxième chez moi. Je vais en vacances dans le nord de la région avec ma famille presque chaque année depuis que je suis né. Nous avons une grande passion pour les chemins de fer à voie étroite comme le Ffestiniog et le Welsh Highland, qui attirent de nombreux touristes, mais il y a peu d’informations sur de nombreuses autres lignes du coin. Je ne me suis intéressé en détail à la Trawsfynydd Branch que ces dernières années, et, ayant découvert qu’on pouvait toujours y avoir accès, même si elle est maintenant désaffectée, j’ai décidé de la parcourir. C’est une ligne très pittoresque à la périphérie de Snowdonia. En plus, les lignes abandonnées ont un côté intrigant, même pour le grand public, d’autant plus pour moi qui allait dans cette région pendant de nombreuses années sans savoir grand chose sur la ligne, à part qu’elle fut fermée après ma naissance. J’ai donc reproduit celle-ci en posant juste la voie puis la laissa de côté pour me concentrer sur d’autres projets.

Pendant l’été 2015, je rejoignis une association qui cherchait à rouvrir la ligne et l’exploiter pour le tourisme, donc je repris le travail, finis de la modéliser et la montrai aux autres membres pour leur montrer ce qui pouvait être fait. Au final, c’est une région que je connais très bien et c’est sympa de pouvoir offrir à la communauté un aperçu des paysages gallois.

O : Je suppose que les autres membres de l’association étaient impressionnés par la version dans le simulateur ?

X : Bien sûr ! Cela leur a rappelé de nombreux souvenirs et a agi comme une source d’inspiration pour aller de l’avant et tenter de rouvrir cette ligne. Beaucoup d’entre eux ont été impressionnés par le niveau de détail atteignable dans Train Simulator et que quelqu’un soit capable de saisir ces détails. Ce n’est pas parfait à 100% mais cela représente très bien cette ligne.

O : C’est une belle utilisation du simulateur, et je vous souhaite beaucoup de chance pour ce projet ! En tout cas, en te lisant j’ai l’impression que le fait de « ressentir » une ligne en la visitant est pour toi un élément important du processus de création…

X : Absolument ! Il y a beaucoup de documentation disponible dans les livres et sur internet que les gens ont pris le temps de partager, mais on ne peut pas se représenter totalement une région tant qu’on l’a pas visité. Et c’est particulièrement vrai pour les lignes qui ont disparu ou qui ont radicalement changé. Par exemple, si je n’avais pas marché le long de la Trawsfynydd Branch, j’aurais eu de grandes difficultés à recréer des sections de celle-ci car tout n’est pas indiqué dans les livres. C’est pareil pour la North London Line. J’ai pris un week-end pour me déplacer et visiter la gare de North Woolwich, aujourd’hui fermée et démolie en raison des travaux du Crossrail. Cependant, je pense que j’ai de la chance à bien des égards, car les lignes que j’ai choisi ont toujours été accessibles et je n’ai reproduit que peu d’entre elles simplement avec des photographies ou des cabrides. En conséquence, celles-ci furent bien moins réussies.

La Trawsfynydd Branch a été reproduite pour faire découvrir les paysages gallois, mais aussi motiver les membres d’une association.

O : Tu reproduis des lignes, mais tu crées également des reskins (et les lecteurs français te connaissent peut-être en particulier pour tes packs de reskins CIWL). Que préfères-tu entre les deux ?

X : C’est une bonne question. Je pense que je préfère construire des lignes car c’est un processus de création bien structuré, et j’ai l’impression de faire un voyage en voyant une ligne naitre à partir de rien. Tu commences avec une idée, fais tes recherches puis places le paysage, étape par étape. Une fois les aspects physiques en place, tu peux ajouter les marqueurs, créer des scénarios, écrire la documentation, tester le tout et enfin publier. En plus, sans vouloir me vanter, je pense que mes lignes ont été mieux accueillies que mes reskins. Même si j’ai également commencé cette activité avec Rail Simulator, je ne suis pas le plus doué. Il y a certaines techniques de weathering et de texturing que je ne maitrise pas encore, et je trouve que beaucoup de mes reskins manquent un peu de profondeur. Pour créer des itinéraires, il y a beaucoup d’assets disponibles, ce qui permet une grande créativité et liberté, alors que pour les reskins, c’est assez simple ; et parfois il est soit totalement réussi, soit totalement raté.

O : Quels sont tes add-ons favoris (payants ou gratuits) ?

X : Pour les payants, un de mes add-ons préférés est la West Highland Line Extension de Thomson Interactive. Je pense que c’est un exemple brillant de maitrise de la construction d’itinéraire, et grâce à son histoire riche, il y a beaucoup de choses que l’on peut reproduire. Keith Ross a un œil très aiguisé et il y a un certain nombre d’emplacements sur cette ligne qui pourraient avoir leur place dans une galerie d’art. Pour les gratuits, une ligne que j’apprécie beaucoup en ce moment est celle des CFD du Vivarais. J’ai un point faible pour les chemins de fer à voie étroite et Bernard a très bien capturé les paysages d’une ligne rurale française. J’aime aussi beaucoup les Mallet de Beekay, donc c’est sympa de pouvoir les faire rouler sur un grand réseau.

Parmi les reskins de Xavier, on compte des packs de voitures CIWL.

O : Quelle est ton opinion sur le prochain Train Simulator (avec Unreal Engine) qui devrait sortir cette année ?

X : Je pense que c’est une bonne chose que DTG profite de l’Unreal Engine et des innovations qu’il apporte aux jeux vidéos. Le moteur actuel du jeu est très polyvalent, mais le code est en quelque sorte « vieillot » et maladroit. Les nouveaux ordinateurs sont de moins en moins rétrocompatibles, et cela commence à causer quelques problèmes. Ça sera donc intéressant de voir le moteur en action. Mais d’une certaine façon, je suis triste car le contenu produit pour le simulateur actuel ne sera pas compatible avec celui utilisant l’Unreal Engine. Il faudra donc repartir à zéro.

O : Pour finir, peut-on avoir un indice concernant des projets sur lesquels tu te consacres actuellement ?

X : En fait je ne me suis pas décidé sur un projet solo pour l’instant puisque je n’ai pas beaucoup de temps, étant à l’Université. Cependant j’ai plein d’idées… J’ai pensé à « vieillir » d’autres lignes de DTG comme le South London Network, pour le reproduire à l’ère Network Southeast et en ajoutant de petites extensions comme les termini londoniens de Charing Cross, Cannon Street, Blackfriars et Holborn Viaduct. Cependant, rendre ça réaliste alors que l’itinéraire se concentre sur le réseau Southern se révèle être difficile.

Je collabore en partie sur un projet de modélisation des Ffestiniog et Welsh Highland Railways qui pourrait être publié un jour si nous arrivons à diminuer le nombre de pré-requis payants et si du matériel roulant spécifique peut être reproduit. J’ai également un peu travaillé avec Union Workshop, donc vous pourriez voir de nouveaux add-ons dans les prochains mois.

O : Merci beaucoup Xavier pour avoir répondu à mes questions, je te souhaite le meilleur pour le futur !

X : Avec plaisir ! :)

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